Bio

Portrait de Fabrice Hyber

Fabrice HYBER

Né en 1961 à Luçon (France). Vit à Paris.

L’ensemble de l’œuvre de Fabrice Hyber est conçu sous la forme d’un rhizome. En procédant par accumulations, hybridations, mutations, l’artiste opère de constants glissements entre des domaines extrêmement divers. Le dessin et l’écriture composent son vocabulaire, le langage visuel de sa pensée. Ses tableaux constituent sa grammaire, dont chaque œuvre n’est qu’une étape intermédiaire et évolutive, établissant des échanges qui donnent ensuite lieu à d’autres articulations. Parfois, les dessins sont regroupés en “Peinture Homéopathique”.

Tous les éléments habituels de la peinture valorise cette pensée multiple : le dégradé, l’aplat, la matière, la transparence, le recouvrement, le melange, le collage, les couleurs, l’aquarelle et la peinture a l’huile, le fusain,les vernis, les colles, les résines, le rouge à lèvre au le pétrole, tout est possible avec une énergie joyeuse.

« Prothèse mentale qui prolonge la pensée par le corps » ou « entreprise mettant en réseau des individus, des idées et des savoir-faire », son œuvre répond à de multiples définitions. En 1994, il créé UR (Unlimited Responsibility), sarl destinée à favoriser la production et les échanges de projets entre les artistes et les entreprises. Son objectif : valoriser les producteurs, traverser et rapprocher des territoires divers et surtout agir, faire.

En 1991 l’artiste réalise Traduction - le plus gros savon du monde. Inscrit au Guinness des records (ce savon de 22 tonnes en partenariat avec une entreprise de savon de Marseille), moulé dans une benne de camion et présenté devant des centres commerciaux (les centres Leclerc pour la France) est un auto-portrait : incernable, inclassifiable.

En 1989, naît d’une commande publique, L’homme de Bessines, petit bonhomme vert de 86cm de haut, personnage ordinaire basculant dans l’étrangeté extraterrestre. Installés sur le réseau d’eau de la commune, les « hommes de Bessines » font office de fontaine puisqu’ils crachent de l’eau par tous les orifices corporels. Depuis 1989, les hommes de Bessines envahissent peu à peu des villes en France comme à l’étranger.

Après avoir transformé en 1995 le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en Hybermarché et installé l’année suivante un salon de coiffure professionnel au Centre Georges Pompidou à l’occasion de l’exposition Féminin/Masculin, Fabrice Hyber est choisi en 1997 pour représenter la France dans le cadre de la 47ème Biennale de Venise. Il en repartira avec le « Lion d’or » après avoir transformé le Pavillon Français en studio d’enregistrement et de diffusion d’émissions télévisées Eau d’or, eau dort, odor ou la danse des cadreurs, encore un autre comportement.

Avec les POFs (Prototypes d’Objets en Fonctionnement) comme le Ballon carré 1998 – pof n° 65 ou Oto 1997, la voiture à double tranchant – pof n° 87, ou encore la Balançoire 1992 – pof n° 3, l’artiste déplace la fonction originelle de quantités d’objets familiers empruntés à notre quotidien. Il modifie ainsi la conscience et la pratique que nous avons de ces objets puisque leurs formes nouvelles induisent et génèrent de nouveaux comportements. Les POFs sont régulièrement « testés » par le public au cours d’expositions Testoo, At your own risk , etc. Hyber les a également mis en scène avec les POF Cabaret.

Pour le passage à l’an 2000, il fait de l’un des monuments les plus solennels de Paris, l’Arc de Triomphe, le lieu d’ancrage d’un portail internet : inconnu.net. Le titre de l’œuvre fait référence, non seulement, au bâtiment qui l’abrite mais également au système de pensée de l’artiste pour qui le monde ne peut être appréhendé que comme un questionnement.

En 2001 Fabrice Hyber imagine à Tokyo le premier des C’hyber rallyes, le second aura lieu la même année à Vassivière en Limousin. En 2002 ce sera au tour de plus de quatre cents parisiens de battre le pavé de la capitale pour le Paris c’hyber rallye organisé avec le Musée d’Art Moderne de la Ville. Passionné par les concepts de rhizome et de prolifération, l’artiste pense le c’hyber rallye comme une œuvre : un réseau d’échanges actifs et durables entre l’œuvre d’art, l’environnement et le public. En disséminant ses POFs dans la ville, Hyber partage avec les concurrents la vision qu’il en a et leur offre une possibilité de s’immerger de manière ludique et sensitive dans son univers.

2002 et 2003 sont deux années centrées autour de L’Artère – le jardin des dessins, œuvre pérenne, imaginée et créée par Hyber, à la demande de l’association Sidaction qui souhaitait commémorer les vingt années de la pandémie du sida. En choisissant de donner à ces années de lutte une visibilité généreuse, Fabrice Hyber a pensé L’Artère comme un anti-monument. Un sol ouvert, accessible à tous, gigantesque puzzle de 1001m2 constitué de quelques 10.000 carreaux de céramique, supports d’autant de dessins originaux de l’artiste, peints directement sur les pièces de céramique avec une technique qu’il a mis au point. Ce parterre étalé comme une peau en plein cœur du Parc de la Villette à Paris, reprend la forme du ruban rouge dénoué, ouvert sur l’avenir.

Nord-Sud est le titre de l’exposition proposée en 2005 par l’artiste au Frac des Pays de la Loire. Témoin de l’avancée de sa réflexion, autour de l’aménagement de la vallée de son enfance, l’exposition reflète un processus initié en 1993. Après avoir semé dans le lieu plus de 70 000 arbres d’espèces variées, Hyber continue sur sa lancée en compagnie d’autres artistes invités à travailler autour des fonctions de la maison. En proposant à ces artistes et architectes de réfléchir avec lui à ces problématiques, Hyber poursuit son engagement de partage envers le public comme envers d’autres créateurs.

La même année, pour la Briqueterie de Ciry-le-Noble il provoque la capacité d’invention de deux professionnels de la terre cuite et défie les principes de fabrication en construisant une maison en terre de2m50 de haut et 2 mètres de côté montée et cuite en un élément unique, comme une seule brique, Fée Maison.

Toujours en 2005, Fabrice Hyber se retrouve partie prenante d’une aventure menée de front avec le chorégraphe Angelin Preljocaj. A la demande de celui- ci, Hyber s’associe à la création du ballet Les 4 Saisons... musique de Antonio Vivaldi, présentée en ouverture du festival de Montpellier Danse. Assurant la « chaosgraphie » , les décors et les costumes du ballet, l’artiste déroute Preljocaj et perturbe sa chorégraphie avec l’intrusion sur scène de nombreux POFs qui agissent comme autant d’interférences et modifient sa façon initiale d’envisager le mouvement.

Au même moment sont présentés à la Villa Arson sous le titre Météo une trentaine de tableaux préparatoires aux « 4 Saisons... », des installations, plusieurs POFs accompagnés de leur vidéo ainsi que différents costumes et décors réalisés par l’artiste pour le ballet.

En 2006 Il présentant un ensemble de tableaux et de dessins, accompagné de sa dernière peinture homéopathique à la Galerie Jérôme de Noirmont, Paris. Le thème de cette exposition personnelle est lié au pétrole, matière fascinante à plus d’un titre pour l’artiste qui s’est intéressé très tôt aux rapports d’échelles, aux rythmes biologiques et aux mécanismes d’influence.

En 2007 Hyber se voit confier, à l’issue d’une consultation, la réalisation de la première sculpture contemporaine pérenne du Jardin du Luxembourg ; « Le Cri, l’écrit », bronze polychrome de 3,70m de haut commémore l’abolition de l’esclavage.

La même année, pour l’ouverture du Laboratoire, nouveau lieu parisien consacré à l’Art/Science, Fabrice Hyber présente Matière à penser / Food for thought. Née de sa rencontre avec le professeur Robert Langer, cette exposition est le fruit d’un dialogue entre un artiste et un scientifique autour d’un sujet unique : la transformation des cellules souches et le contexte lié à leur développement. l’installation Sans Gênes était aussi un fusion entre l’art et la science, dont 800 plaques de porcelaine paint à la manufacture de Sèvres ont était offert dans une installation à l'institut Pasteur à Paris.

En 2012, trois expos ont fait un ensemble coherent de son oeuvre - un cote de la peinture, un cote la recherche et l’autre cote - des ses objet, sous un titre global: « Matières premières » pour la re-inauguration de Palais de Tokyo, POF, Prototype d'Objets en Fonctionnent au MAC VAL Vitry sur Seine, et Essentiel à la Fondation Maeght Saint Paul de Vence, dédié uniquement aux Peintures Homéopathiques.

En 2013, à Nantes, Hyber a lancée les réalisateurs un prototype d’école, un programme qui propose à de jeunes artistes de trouver de nouveaux moyens de production des œuvres d’art avec le soutien d’écoles d’art et de commerce du monde entier. Cette école se développe dans d’autres pays, elle permet à cette pensée d’aller au delà des frontières.Elle est un prolongement de UR (1994-2005).

Fabrice Hyber valorise le rôle de l’artiste comme réalisateur, entrepreneur et médiateur, toujours sur plusieurs projets à la fois, il multiplie ses œuvres en rhizomes de plus en plus complexe et enthousiasmants, s’inspirant ainsi de la manière dont se développent les systèmes cellulaires de nombre d’organismes vivants, systèmes de flux irriguants, nourrissants, débordants...